Entre mai et octobre 2012, un collectif pluridisciplinaire d’une vingtaine d’artistes et de structures associatives œuvrant dans le secteur des arts, de la culture et de l’économie solidaire se constitue sous le nom de code "collectif SQUART" et rédige un manifeste. Son projet est de créer un nouveau lieu mutualisé d’art et de culture sur la ville de Caen. La manière de procéder s’articule autour de trois axes principaux : 

  • proposer une forme de réponse au manque de lieux d’accueil pour les indépendants qui font vivre l’art et la culture sur la ville de Caen et en région,
  • faire revivre une école, lieu symbolique, au nom de la vitalité artistique et culturelle du territoire et au bénéfice des habitants du quartier et de l’agglomération,
  • engager un processus de co-construction avec les habitants du quartier, de l’agglomération, les publics, le maillage associatif alentour.

L’école en question, du nom du poète et résistant Robert Desnos, se situe au cœur de la partie résidentielle d’un quartier caennais : la Folie-Couvrechef. L'école Desnos apparaît idéale pour réaliser le projet du collectif : c’est un lieu public en sommeil, en périphérie de l’hyper-centre culturel de la ville, qui a l’avantage de remplir les conditions élémentaires d’accessibilité aux personnes à mobilité réduite.

Le dimanche 11 novembre 2012, le collectif SQUART passe à l’action. La serrure d’une des portes principales de l’école est fracturée et remplacée. L’inauguration est célébrée à 11h. Le collectif rebaptise l’école Robert Desnos "la Centrifugeuz" et se rebaptise lui-même en conséquence : "collectif de la Centrifugeuz". Le collectif prône la désobéissance civique et l’action non-violente. Des négociations s’engagent avec la Mairie. La volonté du collectif est d’aboutir à une convention d’occupation des locaux à titre gracieux. Dans cette idée, un double de la nouvelle clé est remis le jour même à l’élu en charge des bâtiments, en présence de la maire-adjointe à l’innovation culturelle.

L’action du collectif s’inspire expressément du projet culturel présenté par l’équipe municipale à son arrivée aux commandes en septembre 2009. Ce projet culturel s’intitule : CAEN, La CULTURE en capitales – Vivre et s’émerveiller ensemble. Il y est explicitement question des "démarches artistiques alternatives libres" procédant d’une "appropriation spontanée par des artistes de lieux en désuétude".

Au lendemain de l’ouverture de la Centrifugeuz, le maire de Caen enjoint le collectif à quitter les lieux. S’ensuit une série de réunions de médiation. Pendant ce temps, les membres du collectif de la Centrifugeuz organisent la logistique et se mettent au travail. Ils récoltent dans le même temps les soutiens des citoyens du quartier et hors-quartier (la pétition de soutien à l’action du collectif récolte alors près de 1000 signatures). Le collectif reçoit également de nombreuses demandes d’usage des locaux pour des réunions, des répétitions, des espaces de travail artistique. Il veille à répondre à toutes ces demandes dans le cadre des règles de fonctionnement établies en assemblée générale.

Cependant, le maire de Caen fait évacuer les bâtiments le 17 janvier 2013. L’acte 1 de l’aventure Centrifugeuz aura duré deux mois et une semaine. Les portes de l’école Desnos sont barricadées mais… les négociations avec la ville continuent.

Le 25 mars 2013, le maire de Caen reçoit une délégation du collectif qui lui remet un bilan écrit de l’acte 1 de l’aventure ainsi qu’une œuvre réalisée à partir de la dernière photo connue de Robert Desnos et d'un de ses poèmes "J'ai tant rêvé de toi". Après une écoute attentive et quelques échanges, le maire de Caen s’engage à trouver au collectif un autre lieu.

Le 27 avril 2013, le collectif de la Centrifugeuz se constitue en association, en veillant à retranscrire dans ses statuts ses valeurs fondatrice et l’esprit collégial qui l'anime.

Le 16 décembre 2013, dans le cadre d’une convention de mise à disposition à titre gratuit signée avec la ville de Caen, la Centrifugeuz se réinstalle dans un bâtiment de l'ancien collège Jacquard, en plein cœur du quartier du Chemin Vert. L’acte 2 de l’aventure est lancé.

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